Les péripéties tumultueuses d’un club pas comme les autres Le Mouloudia (10ème partie Abdelkader Mecebbeb

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Posted By The Authentic Mouloudéen

Monday 10.January 2016

Les péripéties tumultueuses d’un club pas comme les autres 

Le Mouloudia 

(10ème partie

Abdelkader Mecebbeb

 

Avec Menad comme entraineur, le Mouloudia pratiquait un beau football et c’est fort logiquement qu’il jouait les premiers rôles en championnat et avançait en coupe. Mais quand le sport est au service de la politique, sachez que ce n’est pas pour la patrie qu’on le fait mais pour des intérêts personnels. En effet, avant le coup d'envoi du quart de finale de Coupe d'Algérie ayant opposé le Mouloudia au CS Constantine au stade du 5-Juillet, Omar Ghrib avait voulu passer le message pour supplier le président de la République pour briguer un 4ème mandat présidentiel.Sur cette fameuse banderole, les avis des supporters étaient mitigés et dénonçaient son attitude unilatérale sans même prendre le soin de les consulter car pour eux, le sport ne rime pas avec la politique. Tel un mouton de Panurge, Ghrib avait toujours évoqué le Président de la République dans ses déclarations et dans ses interventions médiatiques, que ce soit au sujet de la décision de reprise du club par la Sonatrach ou pour évoquer sa maladie. Quand il en parlait, il le faisait sans gêne au point de croire qu’il était un membre de la famille présidentielle. A chaque occasion, il affirmait son affection et son respect pour le Président. Il avait même demandé le report de la finale de coupe, jusqu'à ce que Bouteflika se rétablisse. Le comble du ridicule, c’est lorsqu’il avait annoncé le retour du Président, la veille de la finale. En tout état de cause, la finale a eu lieu sans la présence du chef de l’Etat et qui avait été perdue par le Mouloudia il est vrai en raison, en partie, d’un arbitrage vicieux de Haïmoudi. Cette défaite a été ressentie de façon tellement amère par les Mouloudéens et Ghrib en a été le premier affecté au point où il avait pris une décision qui en avait surpris plus d'un à savoir qu’à la fin de la rencontre, il avait ordonné à ses joueurs et au staff technique de rentrer directement au vestiaire et de boycotter la remise des médailles. Ce boycott était un affront et un manque de respect à l’égard des représentants du gouvernement et des autorités militaires. Mohamed Tahmi, un authentique mouloudéen, alors ministre de la Jeunesse et des Sports à cette époque s’est rendu au vestiaire pour raisonner Ghrib et de tenter de le faire revenir sur sa décision. En vain, Ghrib n'avait rien voulu entendre et avait justifié sa décision par la partialité de l'arbitre du match, Djamel Haïmoudi. 

Suite à cette entorse au protocole, alors que le gouvernement était présent, de même que les plus hautes autorités militaires, et que le match était retransmis dans plusieurs pays par satellite, ce qui était susceptible de donner une mauvaise image du football algérien, Raouraoua était très en colère après la cérémonie protocolaire et le départ des autorités,. Aussi, personne n’avait voulu croire à l'explication donnée par Omar Ghrib à la fin de la cérémonie, en affirmant que ce n'était pas lui qui avait pris la décision du boycott, mais plutôt les joueurs qui s’étaient sentis lésés. Si c'était vraiment le cas, Ghrib aurait pu se présenter à la cérémonie de manière symbolique, même sans la présence des joueurs, en signe de fair-play. Et puis, on voyait mal les 20 joueurs concernés par la cérémonie refuser tous unanimement de se rendre à la tribune officielle, avec le staff technique qui leur emboîtait le pas. C’est ce qui a rendu Tahmi et Raouraoua très en colère  à l'encontre de Ghrib, convaincus qu'aucun joueur n'aurait refusé le protocole, s'il n'y avait pas eu injonction pour ne pas le faire.Et dans tout cela, où était le président du conseil d’administration Amrouche à qui la responsabilité de ce boycott lui incombe en premier ?Est ce qu’il avait la main mise sur Ghrib, les joueurs et tout le staff ? La réponse est non il n’avait pas de poids devant Ghrib sinon ils auraient participé à la cérémonie de remise.En plus, il avait déclaré sur une chaine radio qu’ils étaient scandalisés par l'arbitrage de Haïmoudi. Mais est-ce une raison pour prendre une décision aussi extrême qui pouvait avoir des répercussions dramatiques pour le club? En plus, il osait déclarer que le Mouloudia allait prendre des sanctions exemplaires telles que priver l’équipe de la prime de Coupe d’Algérie et procéder aux retenues sur salaires.Par ailleurs, il faut rappeler que ce n'est pas la première fois qu'une équipe battue en finale de Coupe d'Algérie boycotte la cérémonie de remise des médailles. Lors de la finale de 1990, le MSP Batna, battu par l'ES Sétif, avait refusé de monter à la tribune officielle pour protester contre l'accession en première division du WA Tlemcen à son détriment, s'estimant, lésé par la FAF, mais le club n'avait pas été sanctionné.Néanmoins, cette fois les instances étaient prêtes à frapper fort. Heureusement que des voix se sont élevées pour épargner les sanctions au club et de les limiter aux responsables de cet acte.Quant à l'arbitre international, Djamel Haïmoudi, il faut dire qu’il a influé sur l’issue du match par des décisions arbitrales plus que douteuses. Il avait justifier sa prestation en déclarant qu’il avait dirigé la finale le plus loyalement possible, qu’il n’avait saboté personne et qu’il était conscient de ce qu’il disait. Pour lui, arbitrer une finale de la Coupe d'Algérie est plus difficile qu'une finale de Coupe d'Afrique.Les sanctions tant attendues étaient tombées et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Mouloudia en a été épargné. Si tout le monde a salué la radiation à vie de Ghrib du mouvement sportif national, par contre beaucoup d’entre nous, n’avons pas apprécié les suspensions de l'entraîneur Djamel Menad, le gardien de but Faouzi Chaouchi et le capitaine Réda Babouche car ils n’étaient nullement responsables de ce boycott et tant qu’employés, ils avaient obéis aux ordres que leur ont donnés leurs responsables.Les anciens joueurs du Mouloudia l’avaient accusé d’avoir terni la réputation du club et lui avaient fait endosser la responsabilité de ce scandale qui ne saurait être imputé au Doyen.

Et comme si cela ne suffisait pas au supplice du Mouloudia, la dernière farce de Ghrib était celle du match contre l’USM El Harrach, au stade Lavigerie. En effet, pour des raisons que seul Ghrib connaissait, ce dernier avait incité les supporters du Mouloudia à bloquer les joueurs au niveau de l’hôtel Sheraton pour les empêcher de disputer la rencontre contre l’équipe d’El-Harrach. Ce forfait a eu des résultats irrémédiables sur la position du Mouloudia au classement général après que l’équipe ait perdu la chance de se classer en deuxième position et ainsi participer à la Ligue des champions. En tout cas, la farce du boycott des médailles signifiait la fin de Ghrib et de quelle manière ! En effet et après avoir perdu la bataille face à Amar Brahmia qui avait eu l’agrément des services de la wilaya en qualité de président officiel du club amateur du Mouloudia d’Alger, le procureur de la république près la cour de Chéraga avait instruit les services de police pour expulser manu militari Omar Ghrib du siège du club, à savoir la villa de Chéraga, et cela, du fait qu’il n’avait plus aucune qualité pour y accéder.

A suivre...

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